L’ONU réclame l’ouverture d’une enquête après les violences en Colombie (vidéo)

1er juin 2021 à 5h00 par Jérome Pasanau

En un mois de manifestation, selon un décompte officiel, au moins 59 personnes sont mortes en Colombie. L'ONU réclame l'ouverture d'une enquête indépendante sur ces violences.

LATINA
Les violences ont débuté le mois dernier.
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La Haute-Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU a réclamé dimanche 30 mai, une enquête indépendante après les violentes manifestations qui ont fait au moins 13 morts depuis vendredi, et entraîné le déploiement de l’armée dans les rues de Cali. L’armée colombienne, obéissant à un ordre du président Ivan Duque, a déployé samedi un millier de soldats dans la troisième ville du pays, épicentre des manifestations antigouvernementales.

« Il est essentiel que tous ceux qui pourraient être impliqués (dans ces violences) ayant causé des blessures ou la mort, dont des responsables officiels, fassent l’objet d’enquêtes rapides, efficaces, indépendantes, impartiales et transparentes et que des comptes soient demandés aux responsables » a déclaré la Haute-Commissaire Michelle Bachelet dans un communiqué.

Depuis un mois, le scénario est presque toujours le même : le jour, les manifestations sont pacifiques et créatives, la nuit la rébellion se transforme en émeutes où mortiers d’artifice et cocktails Molotov se mélangent aux tirs à balles réelles. En un mois de soulèvement populaire au moins 59 morts ont été enregistrés dans le pays, selon un décompte officiel. Quelque 2 300 personnes ont été blessées et 123 sont portées disparues. Human Rights Watch évoque jusqu’à 63 morts.

Les violences ont débuté le mois dernier. Le 28 avril, une partie des colombiens s’est soulevée contre un projet de réforme fiscale, vite abandonné, portée par le président de droite Ivan Duque, qui visait à augmenter la TVA et à élargir la base de l’impôt sur le revenu.