Colombie : des discussions amorcées mais toujours pas d’accord de signé

3 juin 2021 à 8h00 par Jérome Pasanau

Le dialogue entre le gouvernement et les représentants des manifestants est en cours, mais les deux partie n'ont toujours pas trouvé d'accord sur une éventuelle sortie de crise.

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Crédit: Wikipédia

Le gouvernement et des représentants des manifestants ont achevé mardi à Bogota une nouvelle journée de pourparlers, sans aboutir à un accord pour trouver une issue à la crise sociale en Colombie, un mois après le début d’un soulèvement populaire sans précédent qui a fait près de 60 morts. « Le parti de gouvernement s’attache à bloquer, à empêcher que des accords soient trouvés (...) et le gouvernement national suit ses instructions à la lettre » a regretté dans un communiqué le Comité national de grève, qui a appelé à une nouvelle journée de protestations.

Plusieurs séries de pourparlers entre le gouvernement du président conservateur Ivan Duque et le Comité national de grève ont eu lieu depuis le 7 mai, sans pour autant permettre de trouver un accord préalable pour entamer des négociations sur le fond. Le gouvernement exige avant de négocier la levée des barrages qui paralysent de nombreux axes routiers, en particulier dans le sud-ouest, provoquant pénuries et exaspération d’une partie de la population. De leur côté, les protestataires réclament une condamnation officielle des brutalités policières et des « garanties pour manifester » en sécurité.

Mais le Comité national de grève, l’organisme initiateur du mouvement de contestation lancé le 28 avril, ne représente pas l’ensemble des secteurs en révolte contre le gouvernement. La fronde sociale a d’abord éclaté contre un projet de réforme fiscale visant à augmenter la TVA et à élargir la base de l’impôt sur le revenu alors que la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus, qui a appauvri de nombreux Colombiens, est loin d’être terminée. Le projet a depuis été retiré. Le soulèvement s’est ensuite transformé en un mouvement de contestation des brutalités policières au cours des manifestations et en des appels à plus de justice sociale dans un pays figurant parmi ceux où les inégalités sont les plus grandes en Amérique latine.