Maradona : le second procès s'ouvre en Argentine

Publié : 14h37 par Ludovic VILAIN

Crédit image: CC / Wikimedia Commons

Six ans après la disparition de Diego Maradona, la justice argentine remet le couvert. Un second procès s'ouvre ce mardi 14 avril à San Isidro pour tenter, enfin, de répondre à la question qui hante le football mondial : la légende pouvait-elle être sauvée ?

Six ans après la mort de Diego Maradona et un an après le scandale qui avait conduit à annuler une première procédure, la justice argentine entame ce mardi une seconde procédure judiciaire pour déterminer si les sept professionnels de santé qui s'occupaient de la star sont coupables de négligences ayant entraîné son décès. Les accusés, médecin, psychiatre, psychologue et infirmiers, risquent entre huit et vingt-cinq ans de prison pour homicide avec négligences.

Pourquoi un second procès ? Parce que le premier s'est terminé en catastrophe. Après plus de deux mois d'audience et 44 témoins entendus, il avait été déclaré nul après la révélation qu'une des trois juges, Julieta Makintach, avait participé en secret à la préparation d'une minisérie documentaire sur l'affaire, avec elle-même en vedette. Un épisode rocambolesque qui avait provoqué l'indignation générale. Des extraits de la bande-annonce de la mini-série avaient même été diffusés en pleine audience, laissant la salle sans voix.

Une mort entourée de zones d'ombre

Diego Maradona est décédé le 25 novembre 2020 à l'âge de 60 ans d'un arrêt cardiorespiratoire, seul dans une résidence privée où il se remettait d'une opération pour un hématome à la tête. Pour le parquet, cette convalescence à domicile était une improvisation dangereuse : la résidence était dépourvue d'équipement médical basique — ni oxygène, ni moniteur cardiaque — et le niveau de suivi laissait gravement à désirer. Pire encore, les médecins légistes estiment que Maradona aurait agonisé pendant au moins douze heures avant d'être découvert.

Face à ces accusations, les sept prévenus maintiennent leur innocence. Chacun se retranche derrière le périmètre strict de sa fonction, niant tout lien avec les circonstances précises du décès. L'avocat des filles aînées, Fernando Burlando, va plus loin et évoque un possible "intérêt pécuniaire" de tiers dans la mort de Maradona, qu'il qualifie d'"assassinat".

La famille face à une épreuve répétée

Jana, l'une des filles de Maradona, résume l'absurdité de la situation : "Rien de tout cela ne devrait être en train de se passer. J'avais d'autres projets pour ma vie." L'annulation du premier procès a été, selon elle, "comme un deuil une seconde fois".

Le tribunal de San Isidro prévoit au moins trois mois d'audiences, à raison de deux séances par semaine. La presse argentine, elle, a déjà résumé d'un titre ce feuilleton judiciaire sans fin : "Maradona toujours pas en paix."