Los Mirlos, le groupe le plus fou du Pérou

Publié : 15h34 par Ludovic VILAIN

Crédit image: Instagram@losmirlos

Guitares électriques, rythmes de cumbia et chansons nées au cœur de la jungle : depuis plus de cinquante ans, Los Mirlos font danser le Pérou. Portrait d'un groupe fou d'Amazonie, devenu culte bien au-delà de ses frontières.

Tout commence en 1973 à Moyobamba, une petite ville perdue dans l'Amazonie péruvienne. Le guitariste Jorge Rodríguez Grández y fonde un groupe au nom d'oiseau : Los Mirlos, « les merles » en espagnol. Loin des grandes capitales et des maisons de disques, la bande de copains invente un son qui ne ressemble à rien d'autre. Un demi-siècle plus tard, son fondateur est toujours là, guitare en main.

La cumbia version Amazonie

À l'origine, la cumbia vient de Colombie. Elle a voyagé dans toute l'Amérique latine et chaque pays l'a adaptée à sa façon. Au Pérou, elle trouve un public inattendu : les ouvriers du pétrole installés au fin fond de la forêt, qui la dansent pour oublier la chaleur et l'isolement. Los Mirlos y ajoutent leur touche, des guitares électriques pleines d'écho qui donnent l'impression de flotter. On appelle ça la cumbia amazonienne, un style qu'on pourrait qualifier de psychédélique. Le groupe finit par s'installer à Lima et devient l'un des plus célèbres représentants de ce style.

Des chansons qui sentent la forêt

Chez Los Mirlos, la jungle est partout, jusque dans les titres des morceaux. On y croise « La Fuga del Jaguar », la fuite du jaguar, ou encore « La Danza de Los Mirlos », leur plus grand tube, devenu un classique dans toute la région. Sur scène, les musiciens adorent raconter les villages et les villes de l'Amazonie qui les ont inspirés. Chaque concert devient un voyage au cœur de la forêt, entre bonne humeur et rythmes qui ne s'arrêtent jamais.

Des tenues qui racontent une histoire

Le groupe ne se contente pas de faire danser : il met aussi en valeur la culture amazonienne. Ses tenues de scène reprennent le kené, des motifs géométriques traditionnellement dessinés par les femmes du peuple Shipibo-Konibo. Ces motifs sont d'ailleurs reconnus par le Pérou comme faisant partie de son patrimoine culturel. Les broderies ont été faites à la main avec des artisanes de la forêt amazonienne. Une manière de rappeler, à chaque concert, d'où vient leur musique.

Des stars à plus de 50 ans

Aujourd'hui, Los Mirlos vivent une vraie seconde jeunesse. En 2025, ils sont devenus le premier groupe péruvien à jouer à Coachella, l'un des festivals les plus célèbres au monde. En 2026, ils ont enchaîné avec le Roskilde Festival au Danemark et le BIME à Bogotá. Cette année, ils ont aussi sorti « The World Meets Los Mirlos », leur tout premier album de collaborations avec des artistes internationaux, après 53 ans de carrière. La preuve que la folie péruvienne n'a pas pris une ride.