Coupe du Monde 2026 : le foot, alibi parfait pour les machos à la maison ?

Publié : 15h17 par Ludovic Vilain

Crédit image: Instagram@fifaworldcup

Pendant que la Coupe du Monde 2026 bat son plein, une tendance refait surface : celle des hommes aux abonnés absents à la maison. Une Française l'a documentée, mais en Amérique latine, terre de passion footballistique, le phénomène pourrait prendre une toute autre dimension.

Présidente de l'association « T'as pensé à ? » et créatrice du compte Instagram du même nom, qui rassemble environ 200 000 abonnés, la statisticienne Marie Vialaret observe ce phénomène à chaque grand rendez-vous sportif. Selon elle, de nombreux hommes se sentiraient socialement autorisés à déserter leur rôle de conjoint ou de parent dès que le ballon se met à rouler. Une étude de l'Insee rappelait déjà qu'en moyenne, dans les couples hétérosexuels, les femmes consacrent une heure et demie de plus par jour aux tâches domestiques que les hommes. Pendant un Mondial, cet écart aurait tendance à se creuser encore un peu plus, entre canapé monopolisé et corvées oubliées.

Latino, donc encore plus macho ?

En Amérique latine, où le football n'est pas seulement un sport mais une véritable religion populaire, la tendance prendrait logiquement une ampleur particulière. Du Mexique à la Colombie, en passant par l'Argentine ou le Brésil, la figure du « macho futbolero », scotché à son écran, bière à la main et grillade en préparation, est régulièrement pointée du doigt par des journalistes et sociologues locaux. Le rituel masculin du match laisse alors peu de place au reste, et l'identité virile construite autour du ballon rond peut, le temps d'un tournoi, accentuer une répartition déjà très inégale des tâches au sein du foyer.

Au-delà de la blague

Au-delà de l'humour, certaines associations mexicaines, comme la Red Nacional de Refugios, alertent aussi sur une réalité plus sérieuse : les tensions familiales augmenteraient jusqu'à 30 % les jours de match importants, sous l'effet du stress, de l'alcool ou des défaites mal digérées. Une donnée qui rappelle que la fameuse « charge mentale » du Mondial peut, dans certains foyers, dépasser largement la simple plaisanterie de réseaux sociaux.

Portugal, Colombie, Mexique : un calendrier chargé

Et le calendrier des prochains jours ne devrait pas arranger les choses. Ce mercredi 17 juin, le Portugal de Cristiano Ronaldo lance sa campagne face à la RD Congo à Houston, avant d'affronter l'Ouzbékistan le 23 juin, puis la Colombie le 28 juin à Miami pour le dernier match du groupe K — une affiche que beaucoup de foyers franco-latinos suivront avec ferveur. Côté pays hôte, le Mexique, déjà vainqueur de l'Afrique du Sud en match d'ouverture, défie la Corée du Sud le 19 juin à Guadalajara, puis la République tchèque le 25 juin à l'Estadio Azteca. Trois rendez-vous supplémentaires où le canapé familial risque, une fois encore, d'être pris d'assaut.

Marie Vialaret invite justement les abonnées de « T'as pensé à ? » à témoigner de leur quotidien pendant la compétition. De quoi, peut-être, inspirer aussi quelques récits venus d'Amérique latine, où le marquage à la maison semble, lui aussi, loin d'être à son meilleur niveau.