Boycott des tongs Havaianas au Brésil
Publié : 30 décembre 2025 à 14h30 par Ludovic Vilain
Au Brésil, une simple publicité a suffi à déclencher une tempête politique. La célèbre marque Havaianas se retrouve au cœur d'une controverse qui illustre les profondes divisions du pays à quelques mois de l'élection présidentielle de 2026.
Tout commence avec une vidéo promotionnelle mettant en scène Fernanda Torres, l'actrice brésilienne récompensée d'un Oscar pour son rôle dans "Je suis toujours là". Dans ce clip publié sur les réseaux sociaux de la marque, elle invite le public à ne pas commencer l'année 2026 du pied droit, mais avec les deux pieds. Une phrase anodine en apparence puisqu'au Brésil, l'expression signifie simplement bien débuter l'année. Mais dans un pays profondément polarisé, dirigé par le président de gauche Lula, cette formule a été perçue par le camp conservateur comme une provocation politique.
La famille Bolsonaro monte au créneau
La réaction la plus virulente vient d'Eduardo Bolsonaro, fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, actuellement emprisonné pour tentative de coup d'État. Dans une vidéo publiée sur Instagram, il jette ostensiblement une paire de Havaianas à la poubelle en déclarant que la marque était autrefois un symbole national. Le député conservateur Rodrigo Valadares a renchéri sur le réseau X en affirmant qu'Havaianas a choisi son camp et que la droite a choisi le boycott.
Des influenceurs relaient l'appel
Le mouvement s'est rapidement amplifié sur les réseaux sociaux. Thiago Asmar, influenceur suivi par plus de deux millions d'abonnés sur Instagram, s'est filmé marchant pieds nus sur un trottoir brûlant avec cette légende : "Je me brûle les pieds sur l'asphalte, mais Havaianas, plus jamais". Des vidéos montrent des internautes découpant les lanières de leurs tongs, tandis que d'autres appellent à acheter des marques concurrentes.
Une polémique qui menace l'emploi
À gauche, les réactions oscillent entre ironie et inquiétude. La députée Duda Salabert a dénoncé ces attaques en soulignant que ce boycott menace des emplois, notamment dans l'État du Minas Gerais où se trouve l'une des usines de la marque. Le groupe Alpargatas, propriétaire d'Havaianas, emploie 10 000 personnes et a vendu plus de 226 millions de paires en 2024. Face à cette polémique, l'entreprise a choisi de ne pas commenter publiquement.
Un contexte politique tendu
Cette controverse intervient dans un climat politique particulièrement tendu. Le film dans lequel joue Fernanda Torres évoque la dictature militaire brésilienne, une période souvent idéalisée par les partisans de Bolsonaro. L'actrice, connue pour son engagement à gauche, cristallise donc les tensions qui traversent la société brésilienne à l'approche d'une élection présidentielle qui s'annonce déjà explosive.
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