Portugal : bientôt la fin des tascas ?

Publié : 12 janvier 2026 à 13h42 par Ludovic VILAIN

Crédit image: Instagram@visitporto

Au cœur des quartiers populaires de Lisbonne et Porto, les tascas résistent tant bien que mal à la modernisation galopante.

Les tascas, ces petits bistrots familiaux, véritables institutions de la culture portugaise, incarnent depuis des décennies l'âme authentique du pays. Mais aujourd'hui, leur avenir semble plus incertain que jamais, et c'est bien dommage. Petit tour d'horizon de la sitauation.

Les tascas, avec leurs nappes à carreaux, leurs azulejos et leurs menus écrits à la main, représentent bien plus que de simples lieux de restauration. Ce sont des espaces de convivialité où les habitués se retrouvent autour d'un bacalhau à brás, d'une francesinha ou d'un simple prato do dia, plat du jour,  accompagné d'un vinho verde. Des établissements où l'on connaît les clients par leur prénom et où les recettes se transmettent de génération en génération.

Pourtant, ces bastions de la tradition font face à de multiples défis. L'augmentation du coût de la vie, la flambée des loyers due à la gentrification et au boom touristique, ainsi que les difficultés à trouver une relève familiale menacent leur existence. Dans la Baixa lisboète ou le quartier de la Ribeira à Porto, de nombreuses tascas historiques ont dû baisser le rideau ces dernières années, remplacées par des restaurants branchés ou des boutiques de souvenirs.

Le phénomène du tourisme de masse a également transformé le paysage. Si certains établissements ont su adapter leur offre pour attirer une clientèle internationale, beaucoup peinent à maintenir leur identité face à cette pression commerciale. Les prix augmentent, les cartes se standardisent, et l'atmosphère familiale qui faisait tout le charme de ces lieux s'évapore progressivement.

Face à cette situation, des initiatives émergent pour protéger ce patrimoine culinaire. Certaines municipalités mettent en place des aides financières, tandis que des associations œuvrent pour la reconnaissance officielle des tascas comme éléments du patrimoine culturel immatériel. Des programmes de mentorat visent également à encourager les jeunes restaurateurs à reprendre ces établissements centenaires.

La lutte pour la préservation des tascas dépasse la simple question gastronomique. Il s'agit de sauvegarder un mode de vie, une convivialité à la portugaise qui fait l'identité des quartiers populaires. Car derrière chaque tasca qui ferme, c'est un pan de l'histoire locale et de la mémoire collective qui disparaît. Le Portugal saura-t-il préserver ces trésors d'authenticité et de convivialité face à la modernité ? L'avenir de ses tascas en dira long sur sa capacité à concilier développement économique et préservation de son âme populaire. On croise les doigts !