L’oxygène se vend au marché noir au Brésil

24 mars 2021 à 10h00 par Jérome Pasanau

A Manaus, les malades ont été tellement nombreux que l'oxygène est devenue une denrée rare, disputée au marché noir.

LATINA
La police a dû escorter des livraisons de bonbonnes et surveiller les stocks d'oxygène dans les hôpi
Crédit: Pixabay

En janvier, la ville du nord du Brésil a été le symbole absolu de la catastrophe redoutée par tous les pays : des hôpitaux saturés, des bonbonnes d’oxygène en nombre insuffisant, des patients abandonnés, livrés à eux-mêmes, chez eux.

Manaus, ville nichée au cœur de la forêt amazonienne, a vécu dès le mois d’avril 2020 des scènes cauchemardesques : des cadavres empilés dans des camions frigorifiques aux abords des hôpitaux, puis enterrés dans des fosses communes.

La première vague a été si dévastatrice que certains chercheurs évoquaient la possibilité d’une immunité collective, une grande partie de la population de la ville ayant été infectée. Mais la deuxième vague a balayé ces espoirs, avec en décembre l’émergence du variant P1, plus contagieux et surtout capable de réinfecter des personnes déjà contaminées.

L’horreur a atteint son paroxysme mi-janvier, quand l’oxygène a commencé à manquer dans les hôpitaux où plusieurs dizaines de personnes sont mortes en quelques heures. Début février, le virus tuait en moyenne 110 personnes par jour dans cette ville de 2,2 millions d’habitants, plus du triple que lors de la première vague.

La police a dû escorter des livraisons de bonbonnes et surveiller les stocks d’oxygène dans les hôpitaux. Des escrocs ont profité de ce chaos et du désespoir des familles pour vendre des extincteurs peints en vert en faisant croire qu’il s’agissait de bonbonnes d’oxygène. Mais aussi pour vendre de vraies bouteilles à des prix exorbitants.