Des Brésiliens prêts à tout pour être vaccinés

1er avril 2021 à 7h00 par Jérome Pasanau

Vaccinations clandestines, ventes frauduleuses, vols à main armée : les détournements de vaccins contre le Covid-19 se sont multipliés ces derniers jours au Brésil.

LATINA
Un groupe de personnalités politiques et du monde des affaires aurait importé illégalement des doses
Crédit: Pxhere

La police fédérale a annoncé, vendredi 26 mars, l'ouverture d'une enquête sur un groupe de personnalités politiques et du monde des affaires de l'Etat de Minas Gerais dans le sud-est du pays. Selon la police, le groupe aurait importé illégalement des doses du sérum du vaccin Pfizer pour se faire vacciner, comme leurs proches, avant l'heure. Les vaccinations clandestines auraient eu lieu « dans le hangar d'une entreprise de transports » a précisé la police dans un communiqué.

Selon le magazine Piaui, qui a révélé le scandale, une cinquantaine de personnes aurait reçu une première dose mardi et avait prévu de se faire injecter la seconde, 30 jours plus tard. Le coût de la vaccination : 600 réaux - 88,5 euros - par personne.

« Pfizer nie toute vente ou distribution de son vaccin anti-Covid-19 au Brésil en dehors du programme national d'immunisation » a déclaré le laboratoire américain dans un communiqué. Il a assuré que son vaccin n'était pas encore disponible sur le territoire brésilien. Le gouvernement du président Jair Bolsonaro a annoncé récemment l'achat de 100 millions de doses du vaccin de Pfizer, mais les premières livraisons sont prévues seulement pour le mois d'avril.

Multiplication des braquages et des escroqueries.

Certains groupes de criminels ne reculent devant rien pour obtenir ces précieux vaccins avant l’heure. Au moins deux braquages ont été recensés la semaine dernière dans le pays. A Natal dans le nord-est, des hommes armés ont braqué les infirmières d’un poste de vaccination, ils sont repartis avec 20 doses de CoronaVac. A Sao Paulo dans le sud-est, un braquage similaire a eu lieu pour un butin d’une centaine de doses.

Notez que la police fédérale a aussi dans le viseur un groupe d’escrocs présumés, soupçonnés d’avoir proposé frauduleusement 200 millions de doses de vaccins anti-Covid au ministère de la Santé au nom d’un grand groupe pharmaceutique.