COVID : le Venezuela propose du pétrole contre des vaccins

30 mars 2021 à 6h00 par Jérome Pasanau

Alors que le Venezuela fait l'objet de sanctions économiques, son président Nicolas Maduro, a proposé dimanche 28 mars d'échanger du « pétrole contre des vaccins » anti Covid-19.

LATINA
Le président vénézuélien propose d'échanger du pétrole contre des vaccins anti-Covid.
Crédit: Wikipédia

Nicolas Maduro tente de contourner les sanctions économiques internationales qui frappent le secteur pétrolier de son pays. Alors que le Venezuela est frappé de plein fouet par une deuxième vague épidémique, le président vénézuélien a proposé dimanche de faire du troc et d’échanger du pétrole contre des vaccins anti-Covid. « Le Venezuela a des pétroliers, a des clients prêts à nous acheter du pétrole. Il consacrerait une partie de sa production pour obtenir les vaccins dont il a besoin. Du pétrole contre des vaccins ! » a lancé Nicolas Maduro, lors d'une intervention à la télévision publique. « Nous sommes prêts. Pétrole contre vaccins ! Mais nous n'allons les mendier à personne » a-t-il ajouté, dans une claire allusion à une initiative du principal opposant Juan Guaido qui a promis de libérer des fonds vénézuéliens aux États-Unis pour acheter des vaccins. La formule « pétrole contre vaccins » fait écho au programme « Pétrole contre nourriture » mis en place par l'ONU pour venir en aide aux populations irakiennes malgré les sanctions économiques édictées après l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990.

Le Venezuela a lancé en février une campagne de vaccination contre le Covid avec les vaccins russes Spoutnik V et chinois Sinopharm et doit recevoir 60 000 vaccins cubains. Il avait auparavant réservé entre 1,4 et 2,4 millions de doses de ce vaccin à travers le dispositif Covax de l'Organisation mondiale de la Santé pour les pays les plus démunis. Aucun de ces vaccins n'est arrivé en raison d'un problème de dettes du Venezuela envers l'OMS. Le pays de 30 millions d'habitants a enregistré 154 165 cas pour 1 532 décès, selon le bilan officiel du 25 mars, des chiffres mis en doute par l'opposition alors que les hôpitaux et cliniques sont saturés selon des témoins.