Chili : plébiscite de candidats indépendants pour réécrire la constitution héritée de Pinochet

19 mai 2021 à 8h00 par Jérome Pasanau

Les électeurs chiliens ont donné aux candidats indépendants et de gauche deux tiers des 155 sièges de rédacteurs chargés de réécrire la Constitution du pays. Datant de la dictature militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990), la constitution est accusée d'être à l'origine de profondes inégalités sociales.

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Les Chili va réécrire sa Constitution, héritée de la dictature militaire d'Augusto Pinochet.
Crédit: Flickr

La droite au pouvoir du président Sebastian Pinera a essuyé un gros revers. Les électeurs chiliens se sont, en effet, détournés majoritairement des partis politiques traditionnels, et ont plébiscité des candidats indépendants. Objectif ? Réécrire la constitution du pays qui date de la dictature militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Contre toute attente, ce sont les candidats non-encartés (46,24%, 48 sièges + 17 réservés aux dix peuples autochtones) qui formeront le plus grand contingent parmi les 155 membres de l'Assemblée constituante élue sur une base paritaire (77 femmes, 78 hommes). Les électeurs, appelés aux urnes samedi et dimanche, se sont sentis proches de ces candidats aux profils variés ; travailleurs social, chef d'entreprise, assistante maternelle, mécanicien, enseignant, écrivain ou avocat, qui devront proposer une nouvelle loi fondamentale dans un délai maximum d'un an. Pour être approuvés, les articles requièrent le vote des deux tiers de l'Assemblée constituante.

Avec 20,56% des suffrages (37 sièges), la liste de la droite unie du président Pinera, défendant le maintien de la Constitution qui, selon elle, a favorisé la croissance économique du pays, a été balayée par des aspirations de gauche. En effet, parmi ces candidats indépendants, 40% ne sont affiliés à aucun parti politique, bien que beaucoup d'entre eux ont des affinités vers le centre-gauche, et 60% sont liés aux partis traditionnels de gauche, même s'ils n'en étaient pas les candidats officiels pour ce scrutin.

Les deux listes officielles à gauche, qui entendent proposer un nouveau modèle pour le pays avec différents droits sociaux garantis, comme l'éducation, la santé ou le logement, recueillent 33,20% des suffrages et 53 sièges. Parmi les vainqueurs de ce scrutin, la plus grande surprise est venue de la liste du peuple (24 sièges), dont les membres se définissent comme ceux qui ont lutté tout au long de l'histoire pour obtenir la dignité et la justice, avec une vision radicale des changements à opérer au Chili.

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