Brésil : une tribu amazonienne perd son dernier membre à cause du COVID

23 mars 2021 à 9h00 par Jérome Pasanau

Le peuple Juma a perdu son dernier représentant le 17 février dernier. Aruka Juma, né dans les années 30, s'est éteint des suites de la Covid-19. Et avec lui, les traditions de son peuple.

LATINA
Crédit: Twitter @argentinaforest

Né dans les années 30, Aruka Juma a passé sa vie dans un village situé près de la rivière Acua, dans l’Etat brésilien d’Amazonas. Membre de la tribu Juma, il était le dernier à parler son dialecte couramment et assistait, impuissant, au rétrécissement de la culture et des traditions de sa tribu. Aruka est décédé du Covid-19, le 17 février dernier. Il aurait été contaminé par des bûcherons ou des mineurs de passage. Sarah Shenker, qui travaille pour l’organisation caritative des tribus Survival International explique: « Là où des envahisseurs sont présents, le coronavirus pourrait anéantir des peuples entiers. C’est une question de vie ou de mort. »

Une population décimée

En 2016, Aruka déplorait d’ailleurs la présence de ces envahisseurs sur son territoire : « Nous étions nombreux avant que les exploitants de caoutchouc et les prospecteurs ne viennent tuer les Juma. À l’époque, les Juma étaient heureux. Maintenant, il n’y a plus que moi. » Cette tribu a compté jusqu’à 15 000 hommes au 18e siècle. Mais les maladies et autres massacres, perpétrés par des exploitants de caoutchouc, des bûcherons et des mineurs, ont anéanti cette population. En 1943, il ne restait qu’une centaine de Juma et en 1964, un massacre a réduit leur nombre à six membres. C’est le coronavirus qui sera venu donner le coup de grâce à cette tribu ancestrale. La tradition tribale veut que la transmission se fasse de père en fils et, Aruka n’ayant eu que des filles, cette tribu s’éteint avec lui.