Bolivie : accusée d’avoir renversé Evo Morales, l’ex-présidente Jeanine Anez risque la prison

17 mars 2021 à 9h00 par Jérome Pasanau

Le parquet bolivien a requis dimanche 14 mars, six mois de prison préventive contre l'ancienne présidente par intérim Jeanine Anez. Elle est accusée d'avoir mené un coup d'état en 2019 contre son prédécesseur Evo Morales.

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L'ancienne présidente par intérim Jeanine Anez est accusée d'avoir mené un coup d'état contre son pr
Crédit: Wikipédia

Samedi 13 mars 2021, l’ex présidente bolivienne a été interpellée par la police. Une arrestation spectaculaire puisque Jeanine Anez a été appréhendée à Trinidad, à 600 kilomètres au nord-est de la Paz, alors qu’elle se cachait dans une malle dans la maison d’un proche. Depuis, elle est détenue dans une caserne à La Paz.

Avec 5 de ses anciens ministres, Jeanine Anez est accusée de « sédition » et de « terrorisme » par la justice. Trois procureurs ont signé l’acte, publié dimanche 14 mars, qui requiert la détention préventive de l’ancienne présidente pour une période de six mois. « On m’envoie quatre mois en détention dans l’attente d’un procès pour un coup d’Etat qui n’a jamais eu lieu », a critiqué Jeanine Anez sur Twitter après avoir entendu la décision de la juge Regina Santa Cruz au cours d’une audience virtuelle. « D’ici, j’appelle la Bolivie à avoir foi et espérance » a-t-elle également tweeté. « Un jour, tous ensemble, nous construirons une Bolivie meilleure. »

La mise en cause de l’ex-présidente et de ses collaborateurs suscite depuis samedi de nombreuses réactions, en Bolivie et à l’étranger. L’influente conférence épiscopale de Bolivie a réclamé « la mise en liberté immédiate des personnes arrêtées ». L’ancien président bolivien Carlos Mesa, président de 2003 à 2005 a également lancé un appel aux organisations internationales, en les alertant sur la situation en Bolivie.