Après la fête, Madrid appelle à la responsabilité (vidéo)

11 mai 2021 à 6h00 par Jérome Pasanau

Après des mois de restrictions, les Espagnols ont retrouvé dimanche la liberté, sans masque ni distance. Des scènes de liesse qui ont choqué.

LATINA
La fête Puerta del Sol à Madrid
Crédit: Twitter / @FernandoHValls

Dimanche 9 mai, l’Espagne a levé d’état d’urgence sanitaire, mis en place depuis octobre dernier. Pour fêter ça, des scènes de liesse de fêtards, sans masque, ni distance sociale ont choqué le pays. Amenant le gouvernement à lancer, lundi 10 mai, un appel à la responsabilité des Espagnols. « La fin du régime d’exception ne veut pas dire la fin des restrictions », a précisé le ministre de la Justice Juan Carlos Campo dans une tribune publiée dans le quotidien El Pais. « Les autorités doivent continuer à agir et les citoyens avoir un comportement responsable », a-t-il expliqué.

Après avoir enduré des mois de couvre-feu et de bouclage des régions, dont on ne pouvait ni entrer ni sortir depuis l’imposition fin octobre de l’état d’urgence sanitaire, les Espagnols ont retrouvé depuis dimanche minuit une certaine liberté. 

A la Une lundi des quotidiens espagnols, les images de fêtards se baignant dans une fontaine à Madrid ou dansant sur la plage à Barcelone, sans masque ni distance sociale, ont choqué. Le maire de Madrid José Luis Martinez-Almeida a ainsi estimé que « la liberté, ce n’est pas faire des botellones », terme désignant les grandes beuveries dans la rue.

Le gouvernement a assuré, par la voix du ministre de la Justice, que les règles étaient « adaptées » à la phase actuelle de la pandémie et souligné que « 28% de la population a déjà reçu une dose de vaccin ».

Les régions, compétentes en matière de gestion de la crise sanitaire dans ce pays très décentralisé, peuvent en effet toujours limiter les horaires d’ouverture ou la capacité d’accueil des bars, des restaurants ou des commerces. Elles peuvent aussi demander le rétablissement d’un couvre-feu ou le bouclage de leur territoire mais, l’état d’urgence ayant été levé, elles doivent pour cela disposer du feu vert de la justice, car ces mesures restreignent les libertés fondamentales. Le Tribunal suprême devra trancher et fixer le cadre général pour tout le pays, a souligné le ministre de la Justice.