Mexico, capitale de la fête des morts
Publié : 16h33 par Ludovic Vilain
Chaque automne, Mexico se pare d'orange pour le Día de Muertos. Défilé géant, ofrendas, mariachis et veillées aux chandelles : la capitale mexicaine transforme la fête des morts en un immense hommage festif et musical.
Fin octobre, Mexico change de visage. Les fleurs envahissent les marchés, les places et les trottoirs du Paseo de la Reforma, transformé en jardin éphémère jusqu'au 1er novembre. Dans les vitrines, les calaveras en sucre côtoient le pan de muerto, une brioche parfumée à la fleur d'oranger. Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, cette fête ne pleure pas les disparus : elle les invite à revenir parmi les vivants le temps de deux nuits.
Un défilé géant sur Reforma
Le Gran Desfile de Día de Muertos est le temps fort de la saison. Il s'élance ce samedi 31 octobre à 14 h depuis la Diana Cazadora et rejoint le Zócalo après environ quatre heures et demie de parade. Chars allégoriques, squelettes géants, danseurs grimés et fanfares défilent devant une foule immense, et l'accès est gratuit. Détail savoureux : la parade est née en 2016, inspirée par la scène d'ouverture du James Bond Spectre, tournée dans les rues de la capitale. Pour sa dixième édition, elle explore notamment les racines préhispaniques du culte des morts.
Juan Gabriel à l'honneur
La musique tient une place centrale dans les festivités. Cette année, le défilé rend hommage à Juan Gabriel, le « Divo de Juárez », disparu en 2016 et toujours adoré par plusieurs générations de Mexicains. José Alfredo Jiménez, figure majeure de la ranchera, ferait également partie des artistes célébrés. Les tubes de ces deux géants de la chanson populaire devraient donc résonner tout au long du parcours.
Mariachis et chandelles
À la nuit tombée, la place Garibaldi s'anime. Les mariachis en costume de charro y enchaînent les sérénades jusque tard dans la nuit. Dans les cimetières, l'ambiance devient plus intime. Au sud de la ville, le village de San Andrés Mixquic attire une foule venue assister à la grande veillée de la nuit du 1er au 2 novembre : tombes couvertes de fleurs, milliers de bougies, prières et musique jusqu'au petit matin.
Coyoacán et Xochimilco
Plus paisible, le quartier de Coyoacán dresse ses autels le long des rues pavées, non loin de la maison bleue de Frida Kahlo. À Xochimilco, une balade en trajinera, ces barques peintes de couleurs vives, glisse entre les canaux bordés de cempasúchil. Cette escapade montre une autre facette de la fête, entre recueillement et joie de vivre.
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