Au Venezuela, une Assemblée élue dans le sang

31 juillet 2017
Par Maud Tambellini
La situation est de plus en plus préoccupante dans ce pays d’Amérique du Sud. Après 4 mois de manifestations violentes contre le président en place Nicolas Maduro, l’élection de l’Assemblée constituante ce dimanche s’est finie dans le sang.

Taux de participation contesté

Ce dimanche, le Président en place Nicolas Maduro a convoqué l’élection d’une Assemblée constituante destinée à lui confier les pleins pouvoirs alors même que le Venezuela est en proie à une crise politique, économique et sociale, depuis plusieurs mois.

En mai déjà, les manifestants avaient fait parler d’eux en utilisant des armes fécales. Mais depuis le début de la contestation, on dénombre au moins 120 morts. Dimanche, au moins 10 personnes auraient péri dans les violences entre manifestants et policiers. Dont deux étudiants.

Selon le Conseil National Electoral, 8 millions de Vénézuéliens sont allés aux urnes ce dimanche soit un peu plus de 41% des électeurs. Des chiffres contestés par l’opposition qui avait appelé au boycott de scrutin.

Et selon l’observatoire électoral vénézuélien, une organisation non gouvernementale, de nombreuses irrégularités ont été constatées dans les bureaux de vote. Difficile néanmoins d’en avoir la preuve irréfutable ; les forces de sécurité ont empêché l’accès de la presse aux urnes.

La communauté internationale inquiète

La Colombie a été le premier pays à annoncer qu’elle ne reconnaitrait pas l’Assemblée Constituante élue. En cas de pleins pouvoirs obtenus, Nicolas Maduro a déjà promis de lever l’immunité des députés de l’opposition, actuellement majoritaire au parlement depuis l’an dernier. Pour Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU, « le simulacre d’élection de Maduro est un autre pas vers la dictature ».

L’Union Européenne s’est dit de son côté préoccupée par le sort de la démocratie dans le pays. De nouvelles manifestations à l’appel de l’opposition sont en tout cas prévues dans les prochains jours au Venezuela.