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Info locale

Paris : une humoriste critiquée après sa vidéo pendant la marche contre les féminicides

25 novembre 2019 à 10h13 Par Mikaël Livret
La comédienne de 28 ans s'est attirée les foudres des internautes
Crédit photo : Capture d'écran - Instagram mariesinfiltre

La vidéo de l’humoriste « Marie s’infiltre » pendant la marche contre les violences faites aux femmes ne passe pas auprès des internautes. La comédienne se défend.

Humour ou mauvais goût ? Samedi 23 novembre se tenait à Paris une grande marche contre les violences faites aux femmes. Organisée notamment par le collectif #NousToutes, 49.000 personnes ont défilé à Paris pour dire stop aux féminicides. En marge du cortège, l’humoriste « Marie s’infiltre » a tenté, à sa manière, de participer et de dénoncer les violences. La « performance », publiée sur les réseaux sociaux de la comédienne samedi, la montre entièrement habillée de violet, couleur de la cause féministe. « Marie s’infiltre » déambule ensuite, cravache à la main, tenant en laisse deux hommes avec de faux yeux au beurre noir.

Dans cette vidéo de trois minutes, elle encourage certaines femmes à donner des coups de cravache aux deux hommes. ”Ça fait du bien, je vous assure il aime ça. Parfois il y en a qui meurent dans mes bras mais c’est passionnel”, dit-elle lorsqu’une organisatrice lui demande de quitter la zone “non-violente”. Critiquée, la séquence de la jeune femme a choqué certains manifestants et internautes. De nombreuses personnes ont commenté les images, dénonçant sa démarche, y voyant une manière d’utiliser les violences faites aux femmes pour faire sa publicité, ou regrettant un manque de respect envers les victimes de féminicides.

Sur les réseaux sociaux, la comédienne de 28 ans assure n’avoir voulu choquer personnes et défend l’humour dans toutes les situations pour dénoncer.  Elle explique vouloir “prendre un sujet dramatique et le détourner à (sa) manière”. L’humoriste a expliqué vouloir constamment “bousculer, transgresser les codes, montrer l’absurdité de notre réalité, remettre en question la pensée dominante, et permettre l’irruption du rire là où on ne l’attend pas. Là où on ne le veut plus”.

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Aaaaah enfin la chasse aux sorcières est lancée! La meute veut du sang et l’exécution en place publique de Marie S’Infiltre sous le regard des réseaux! Qu’on rallume le bûcher! Etonnant venant de celles et ceux qui prônent la non violence quand on parle des violences faites aux femmes... Comprenne qui pourra! Faites de moi votre bouc emissaire, j’adore! Et je veux bien finir en méchoui pour la cause ! L’objectif poursuivi par chacune de mes performances ? Bousculer, transgresser les codes, montrer l’absurdité de notre réalité, remettre en question la pensée dominante, et permettre l'irruption du rire là où on ne l'attend pas. Là où on ne le veut plus. Les moyens utilisés ? L'humour souvent, une image forte, ici. Rien de plus. Il s’agit de mettre en lumière un sujet d’une autre façon que celle imposée : la posture victimaire, les pleurs, les collages chocs et la manifestation proprement féministe. Non je ne me moque pas des personnes qui vivent des drames, je ne jouis de la méchanceté, non je ne caricature pas les femmes qui meurent sous les coups de leur conjoints. Je prends juste un sujet et je le montre différemment, avec un autre ton, un regard différent. Nous sommes dans l'ère de la moralisation extrême, celle prescrite par un magistère moral sur lequel il faut s’aligner : s’émouvoir pour la même chose, se scandaliser pour les mêmes faits, penser pareil partout et tout le temps. C’est mon combat de révéler combien il peut être dangereux d’épouser cette uniformité des comportements. Combien il est important de prendre un sujet dramatique et de le détourner. A ma manière.

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