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Insolite

Le cannabis n’est pas une drogue "dangereuse" selon l’ONU

03 décembre 2020 à 16h35 Par A.L.
Photo d'illustration
Crédit photo : Pixabay

La Commission des stupéfiants des Nations Unies (CND), l'organe de l'ONU chargé de décider quelles substances sont considérées comme des drogues, vient de donner son avis sur le cannabis. Explications.

Le cannabis est-il dangereux pour la santé ? La Commission des stupéfiants des Nations Unies (CND), l'organe de l'ONU chargé de déterminer quelles substances sont considérées comme des drogues au vu du droit international, a approuvé mercredi la reclassification du cannabis, reconnaissant son utilité médicale. Si jusqu'à présent le cannabis et sa résine étaient considérés comme appartenant à l'annexe IV de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 (soit la catégorie la plus restrictive avec les drogues les plus dangereuses et les plus addictives au monde, ndlr), le cannabis est aujourd'hui reconnu comme présentant un potentiel thérapeutique. Cette décision pourrait ainsi faire considérablement avancer la recherche sur l'usage médical de la marijuana.

Une déclassification symbolique

C'est un constat : le fait que l'ONU reconnaisse le cannabis comme étant une drogue moins dangereuse que d'autres est donc une victoire symbolique pour les personnes militant en faveur de sa légalisation. En attendant, le cannabis pourra désormais être utilisé, avec l'aval de l'ONU, dans la fabrication de médicaments au même titre que l'opium ou la morphine. Néanmoins, pas d'almagame : le cannabis reste toutefois considéré comme un stupéfiant par l'ONU. Cette même commission a d'ailleurs refusé de retirer le CBD, substance non-psychoactive de la plante, de la liste de produits stupéfiants. Une décision opposée à celle de la Cour européenne de justice qui avait décidé la semaine dernière de ne pas interdire le CBD en France - déja en vente libre dans de nombreux magasins. 

Pour rappel, une expérimentation sur 3000 patients doit débuter au plus tard en mars 2021 en France, afin d’évaluer "la pertinence et la faisabilité de la mise à disposition du cannabis à usage médical", d’après les termes de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Cité par Le Monde, Yann Bisiou, maître de conférences à l’université Montpellier-III et spécialiste du droit de la drogue, estime que cette décision de l’ONU "pourrait nous faire passer d’une phase d’expérimentation à celle d’une généralisation du cannabis thérapeutique plus vite que prévu".