Jeune public : le CSA relance une campagne contre les contenus violents

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24 novembre 2017
Par Diane Charbonnel
Le CSA a relancé cette semaine sa campagne sur la protection du jeune public face aux contenus violents. L’occasion de rappeler les outils qui existent pour protéger nos enfants.

« À la radio comme à la télé, les contenus violents on doit les éviter. Sinon, il faut en parler. » Vous l’avez peut-être entendu sur notre antenne ou à la télévision, le CSA a relancé cette semaine sa campagne de sensibilisation du jeune public face aux images ou aux contenus choquants. Une campagne qui intervient à l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant. Elle vise les parents et leurs enfants et les invite à parler des contenus qui auraient pu leur faire peur. Elle rappelle aussi les outils qui existent pour protéger au mieux les plus jeunes. Entretien avec Carole Bienaimé-Besse, membre du CSA et présidente du groupe de travail « Protection de la jeunesse ».

 

Quels conseils peut-on donner aux adultes pour protéger les enfants et adolescents de ces contenus violents ou choquants ?

Carole Bienaimé-Besse : Le premier conseil à donner est de respecter la signalétique mise en place pour certains programmes ou certains films. Les chaînes sont, en ce sens, assez vertueuses. Elles ont compris que leurs téléspectateurs étaient en demande de cette signalétique. Mais elle ne s’applique pas pour les journaux télévisés. Parfois, les enfants sont exposés à des reportages au cours desquels des scènes violentes peuvent être diffusées. Dans ce cas, il faut qu’un adulte puisse en parler avec l’enfant et l’aider à décrypter ces images. Elles pourraient sinon provoquer un stress important chez les plus jeunes qui ont du mal à gérer leurs émotions. Mieux vaut éviter les journaux télévisés et les chaînes d’information en continu avant l’âge de 12 ans.

On déplore justement le manque d’émissions d’information dédiées aux jeunes. Il existe bien une presse jeunesse. Mais il y a très peu de programmes dédiés à l'information de la jeunesse à la télévision ou à la radio.

Les recommandations sont-elles les mêmes pour un flash d’information diffusé à la radio ?

C'est au présentateur d’expliquer que ce que l’on va entendre sera susceptible de heurter. Par la voix, il y a beaucoup de choses qui passent. Un reportage, dans lequel des scènes d’horreur seraient décrites, peut provoquer un stress ou de la peur chez les petits.

Quels autres types de programmes radio doivent aussi attirer l’attention des parents ?

Évidemment, il y a certaines paroles de chansons qui sont plus que limite. Elles véhiculent des stéréotypes dégradants envers les femmes ou incitent à la haine. Mais les radios sont, somme toute, assez vigilantes et font attention à ce que ce type de programme ne soit pas diffusé sur leurs ondes. Sauf cas exceptionnel, car il y a des dérapages, mais sinon ça se passe plutôt bien.

Si une signalétique jeunesse existe à la télévision, le contenu d’internet n’est pas régulé. Comment protéger les jeunes des dangers du web ?

On sait très bien qu’aujourd’hui avec six ou sept écrans par foyer, les enfants ont accès très rapidement à des programmes inappropriés sur internet. Il y a évidemment le contrôle parental, mais il y a aussi ce moteur de recherche Qwant, un moteur de recherche français qui encadre les recherches de l’enfant et de l’adolescent. Mais vous savez aussi qu’en deux clics avec un smartphone ou en téléchargeant un film, le jeune peut se retrouver face à un contenu violent. Il faut revoir le mode de régulation.

Concernant les réseaux sociaux, là non plus ce n’est pas régulé d’où la propagation de fausses informations. Il faut cette fois apprendre au jeune à décrypter les informations et aiguiser son esprit critique dès le plus jeune âge.