267.000 victimes d'atteintes sexuelles dans les transports en deux ans

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20 décembre 2017
Par Mikaël Livret
L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales rend son rapport ce mercredi. Sans surprise, une victime sur deux habite en Ile-de-France et a moins de 30 ans.

Des chiffres sans doute sous-estimés. Au moins 267.000 personnes, en majorité des femmes, ont été victimes d’atteintes sexuelles dans les transports en commun au cours des deux dernières années, selon les résultats de l’enquête de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP).

Les femmes en première ligne

Sans surprise, les jeunes femmes vivant en région parisienne sont les premières victimes : 7,6 % des Franciliennes âgées de 18 à 21 ans disant avoir subi des atteintes sexuelles dans les transports en commun. « Les jeunes femmes sont nettement plus exposées que leurs aînées. Le taux de victimisation des métropolitaines ayant de 18 à 21 ans atteint 2,3 %. Jusqu’à 30 ans, le taux est relativement stable. Après 30 ans, il diminue régulièrement pour atteindre 0,3 % pour les femmes de plus de 45 ans », précise le rapport. Selon l’ONDRP, il s’agit « d’estimations basses ».

Les pourcentages donnés par l’ONDRP ne portent que sur une période de deux ans. Selon un sondage Odaxu-Dentsu publié en octobre dernier, plus d’une Française sur deux (53 %) disait avoir déjà été victime d’agression et/ou de harcèlement sexuel.

Déposer plainte

Il faut porter plainte, sans trop trainer car la RATP ne conserve les images des 40 000 caméras de vidéosurveillance que 72 heures. Pour donner l’alerte au plus vite, si l'on est victime ou témoin de violences sexuelles, on peut aussi utiliser les boutons d'alerte d'urgence dans les rames ou sur les quais. Il est également possible de composer le 3117 par téléphone ou d'envoyer un SMS au 31 177, en précisant sa localisation et en donnant un signalement de son agresseur.

Une cellule d’enquêteur dédiée en Ile-de-France

Il arrive que des frotteurs ou même des prédateurs sexuels plus violents encore soient pris en flagrant délit. Une cellule de neuf enquêteurs est totalement dédiée aux abus et délits sexuels dans les transports en Ile-de-France. En 2017, 350 plaintes ont ainsi été traitées. Dans 80% des cas, qu’ils soient frotteurs ou prédateurs, les hommes interpellés ont été présentés à un juge. Un tiers d’entre eux a écopé d'une peine de prison.